Le territoire actuel représente une partie d’une grande ferme gallo-romaine qui s’étendait sur la rive droite de l’Isère, des berges de l’Isère à La Tronche, au Manival à Saint-Ismier, et couvrait une partie des six communes actuelles de La Tronche, Corenc, Meylan, Biviers, Montbonnot, Saint-Ismier. On peut dater sa création au IIe siècle et sa fin au VIe siècle avec la chute du royaume Burgonde. Sous l’occupation romaine, comme ensuite sous la royauté, la principale voie reliant Grenoble à Chambéry passait par Corenc (avenue de l’Eygala) et par Meylan (avenue de Chartreuse), où était implanté un habitat clairsemé, constitué de hameaux distincts.
Pendant plusieurs siècles, rien ne va modifier l’aspect et le mode de vie de cette communauté agricole.
La commune est née du regroupement de ces 4 bourgs en 1790, lors de la Révolution française, et comptait 1 122 habitants. Au début du XXe siècle, Meylan est encore très rurale. En 1900, la mise en service du tramway Grenoble - Chapareillan, dont une station desservait la commune (gare du Bachais), préfigure le désenclavement de la vallée du Grésivaudan. Le caractère longtemps rural et agricole de Meylan laisse d’importantes traces (ruisseaux, Beal..) que des maires sauront valoriser en continuités écologiques
Jusqu’aux années 50, Meylan reste un village voué à l’agriculture de plaine et de montagne. Après guerre, au 20e siècle, l’expansion urbaine est forte et rapide : en moins de 50 ans, le village passe de 1 717 habitants à près de 17 000.
Mi-Plaine en 1960, Grand-Pré et le début d’inovallée (ex. Zirst) en 1970. Les Béalières sont habitées à partir de 1984. Puis en 1990, les quartiers Maupertuis et Charlaix sont aménagés. Seul le quartier du Haut-Meylan recouvre le site occupé par le village d’autrefois.
Dans les années 60, l’évolution urbaine à Meylan se construit, comme ailleurs en France, autour de la voiture, le tramway Grenoble-Chapareillan ayant été détruit. La création de plusieurs grandes voiries achève de relier la ville à Grenoble, mais inscrit de grandes coupures dans la ville : l’avenue de Verdun est créé pour les JO de Grenoble, puis l’autoroute A 41, et enfin la rocade Sud. Ces coupures ne sont pas encore atténuées aujourd’hui. “Apaiser” les circulations n’est pas un processus administratif simple.
Dénommée aujourd’hui inovallée, cette zone proche du campus de Saint-Martin d’Hères, dont elle est séparée par l’Isère, n’y est pas encore reliée efficacement autrement que par la voiture via la rocade Sud. La zone économique reste une pépinière d’innovation. Le patrimoine bâti, qui avait vieilli, fait actuellement l’objet de mutations et de densification sous maîtrise intercommunale. L’enjeu pour la Ville est que cette densification de s’effectue pas au détriment du patrimoine naturel et que la caractéristique d’inovallée reste bien “matière grise dans une zone verte”.
La densification relative des quartiers Buclos et Béalières s’effectue sous maîtrise communale forte : Meylan, qui dispose alors d’une bonne taxe professionnelle, achète du patrimoine ancien (ex. le Couvent et parc des Capucins), invente la “zac en régie directe” et crée un atelier public d’urbanisme qui contribue fortement à la création des Béalières. Parallèlement, la Ville tient à distance la voiture dans les nouveaux quartiers et remet la nature au centre de l’habitat. Ainsi, le quartier des Béalières, encore aujourd’hui visité pour son caractère précurseur en matière d’écologie et d’habitat participatif, jouit en son centre d’une “coulée verte” intraversable en voiture ; est rythmé de haies et de nombreux ruisseaux et fossés aptes à recueillir les eaux de pluie ; a été l’un des premiers de France propose de l’habitat participatif social.
Si l’histoire de Meylan reste perceptible dans le Haut Meylan, là où demeurent des maisons et bâtiments anciens comme le monastère, l’église et les fontaines, il n’en va pas forcement de même pour une grande partie de la commune en raison de son passé majoritairement agricole.
Et pourtant, elle a réussi à garder une empreinte de ce passé agricole perceptible dans le nom des quartiers et des rues : Buclos, Grand-Pré, rue du Pré d’Elle, du Champ de la Cour, rue Chènevière, le Routoir évoquant la culture du chanvre aux Béalières. Le paysage proche ou lointain est également perceptible dans les noms de rue : avenue du Vercors, du Granier, de Chamechaude, rue des Acacias, place du saule etc.
C’est ainsi que fut nommé ce projet de sentier parcourant Meylan d’un bout à l’autre de son territoire. Elle est née à partir d’un ancien chemin agricole situé en haut de l’actuel quartier des Béalières, redécouvert à l’époque de son urbanisation. Un sentier large, plat et empierré, qui suggéra à des habitants amoureux de leur ville l’idée de le prolonger bien au-delà de ses deux extrémités. Chemin faisant, la Grande Traverse a fini par relier, en 2002, un à un les quartiers de Meylan, et avec eux bien des histoires. Ces six kilomètres, balisés par les sources, les arbres, les vieilles demeures donnent à redécouvrir Meylan, à l’envisager sous une nouvelle lumière.
Sa nature généreuse, ses vestiges agricoles, les audaces de son urbanisme, ses paysages se révèlent tout au long du sentier. Avec l’eau qui coule un peu partout, avec le fil de soie des anciennes fermes, la Grande Traverse rassemble les Meylanais dans un terroir qu’ils n’imaginaient peut-être pas aussi riche. Et les mène sur les traces de leur propre histoire...
Aujourd'hui, la commune de Meylan s'étend sur 1 220 hectares et compte 18 922 habitants (chiffres 2021 - Insee).
L’ouvrage "Meylan une ville intégrée dans notre siècle", édité par la Ville en 2006, permet de (re)découvrir l’histoire de la commune.
Il peut être consulté dans les bibliothèques et aux archives municipales.
Revivez le Meylan d'hier à travers des cartes interactives.